Gwenaëlle Gigarel-Noury répond aux questions du Comité Olympique
À moins d’un an des JO de Milan, Gwenaëlle Gigarel-Noury est revenue lors d’une interview avec le CNOSF pour la veille de l’innovation économique de l’écosystème du sport sur les nombreux projets mis en place et des perspectives possibles de la fédération pour les prochaines années.
Retrouvez ci-dessous l’interview complète :
Nous travaillons sur le concept des patinoires connectées.
Gwenaëlle Gigarel-Noury, présidente de la Fédération Française des Sports de Glace

La saison hivernale se termine pour la Fédération Française des Sports de Glace. A un an des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, l’instance sportive multiplie les initiatives et partenariats, comme l’explique sa présidente, Gwenaëlle Gigarel-Noury.
La FFSG a été partenaire de la grande patinoire du Grand Palais, du marché de Noël de Paris, de la tournée Holiday On Ice. Quels sont les objectifs de ces partenariats ?
Gwenaëlle Gigarel-Noury : « La fédération est engagée dans une dynamique de reconstruction depuis deux ans. La FFSG affirme sa présence en concrétisant de nouveaux partenariats et à travers d’accords afin de nous structurer et de devenir plus forts et inclusifs. Profiter d’un lieu emblématique tel que le Grand Palais est une opportunité unique pour mettre en avant les sports de glace. L’objectif était double : offrir aux patineurs de nos clubs une expérience inédite sur une piste de 2700 mètres carrés et remercier nos licenciés les plus investis. C’était également l’occasion pour nos champions de faire rayonner les sports de glace. Nous avons également, à la demande du CNOSF et la perspective des jeux d’hiver de 2030, pris part au marché de Noël de Paris sur la place de la Concorde. Dans la continuité des animations organisées au Club France, lors des Jeux d’été, il est essentiel de poursuivre ces initiatives pour rendre nos disciplines plus accessibles. Nous espérons attirer de nouveaux jeunes vers nos patinoires. Par ailleurs, nous mettons en avant notre équipe de France, vitrine du patinage, en renouvelant un partenariat inédit avec Holiday On Ice. De plus, depuis l’année dernière, nous offrons à nos clubs, dans chaque ville de la tournée, l’opportunité de présenter un numéro exceptionnel dans le spectacle. Cette initiative permet non seulement d’attirer un nouveau public, mais aussi de valoriser le travail quotidien des clubs. Ces actions s’inscrivent dans une volonté forte de faire évoluer la Fédération, d’attirer de nouveaux adhérents et de renforcer notre présence sur la scène nationale et internationale . »
Pourquoi souhaitez-vous donner plus de visibilité à des disciplines aux sports extrêmes, au patinage Synchronisé ou au ballet sur glace.
Gwenaëlle Gigarel-Noury : « Ces disciplines non olympiques possèdent un fort potentiel et pourraient, à terme, être intégrées aux Jeux. C’est dans cette optique que nous avons proposé l’intégration du Patinage Artistique Synchronisé et de l’Ice Cross au programme des Jeux d’hiver 2030. L’Ice Cross, qui connaît un franc succès et séduit un nouveau public, plus jeune s’impose comme une discipline que nous souhaitons structurer et intégrer pleinement dans nos clubs. En parallèle, nous continuons à mettre en avant nos disciplines collectives qui offrent une autre approche de la compétition et attirent un public plus large. Le patinage synchronisé et le ballet sur glace valorisent l’esprit d’équipe, la cohésion et le partage. Notre objectif est double : attirer un nouveau public, notamment des jeunes en quête de nouvelles expériences, et faire évoluer nos disciplines en leur offrant une plus grande visibilité. Le patinage ne se limite pas à ses formats traditionnels ; il est en constante mutation et doit répondre aux attentes de notre époque ».
À un an des Jeux de Milan-Cortina 2026, puis dans la perspective de ceux des Alpes 2030, la FFSG lance-t-elle déjà des programmes afin que les clubs puissent accueillir une vague de nouveaux licenciés ?
Gwenaëlle Gigarel-Noury : « Plusieurs initiatives ont été mises en place pour accompagner la croissance du patinage en France et permettre aux clubs d’accueillir une nouvelle génération de licenciés.
La fédération a lancé un collectif 2030-2034 destiné à identifier, former et accompagner les talents prometteurs vers le haut niveau. Ce projet s’inscrit dans une vision à long terme. Par ailleurs, le programme "Super Petits Héros de la glace" vient renforcer cette approche en proposant aux nouveaux adhérents une formation basée sur des fondamentaux communs à toutes les disciplines. La FFSG discute de nouveaux modèles avec les CREPS afin de proposer des structures adaptées. La perspective des Alpes Françaises 2030 doit impulser une dynamique structurante avec un schéma territorial d’équipements ambitieux dans le souci des enjeux énergétiques, écologiques, économiques et sociologiques. Les solutions sont là, elles existent. Il nous faut également renforcer l’encadrement de nos pratiquants. Pour cela les chantiers de la formation initiale et continue, fédérale et d’Etat constituent des enjeux majeurs pour nous. La FFSG mise, enfin, sur l’innovation avec le concept des patinoires connectées. Déjà utilisé dans les sports extrêmes, ce modèle permettra aux clubs de bénéficier d’intervenants internationaux à distance, grâce à des grands écrans installés en bord de piste, rendant l’apprentissage plus accessible et diversifié à moindre coût ».