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Actualités, Interviews Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron – La course vers PeyongChang 2018 est lancée !

Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron – La course vers PeyongChang 2018 est lancée !

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4e8f7Éblouissant, sublime, incroyable, émouvant, on ne manque pas d’adjectif pour décrire l’exceptionnel parcours de Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron. Après l’exploit de 2015, revoilà celui de 2016, mais en mieux ; avec le record du Monde du nombre de points pour un programme libre en poche. Mais où vont-ils s’arrêter? A seulement 20 et 21 ans ils ont tous ou presque : deux titres de Champions d‘Europe, deux titres de Champions du Monde et un public sous le charme. Il ne manque que le Saint-Graal, le titre de Champions Olympiques qu’ils iront chercher en 2018.

Le statut de Champion du Monde est-il difficile à assumer ?
Avant, on était le troisième couple Français, nous n’étions pas une priorité. Tout d’un coup, nous sommes les premiers, et tout le monde nous regarde. Sur les réseaux sociaux, c’était impressionnant. On devrait y penser, d’ailleurs, avant de poster des photos (rire)!
Et puis quand on a ce statut, C’est très bizarre ! On a l’impression d’avoir fini sa carrière avant de l’avoir commencée. Être champion du monde, c’est le but ultime. Et là, c’est arrivé avant qu’on ne soit prêts finalement. Quand on a repris l’entraînement, il a fallu se remotiver. Au début, on hésitait, on n’était pas sûrs de nous, de nos choix artistiques. Mais nous avons su faire le nécessaire et au final, même si nous sommes encore jeune sur le circuit de haut niveau, on a su faire le travail !

Êtes-vous fiers de votre parcours ?
L’année a été très dure. Surtout après l’accident de l’été dernier, On ne savait pas combien de temps l’arrêt allait durer. Lorsqu’on se casse une jambe ou un bras, le diagnostic est clair, il y en a pour trois semaines, ou trois mois, mais on sait. Là, je voyais les médecins qui me disaient de revenir dans une semaine si cela n’allait pas mieux. Je revenais et ça n’allait toujours pas. Ils me disaient de me reposer. Cela a duré longtemps. J’ai voulu m’inscrire au Trophée Bompard, mais je n’étais pas assez en forme …C’était très difficile. Personnellement, Je ne pouvais ni sortir ni patiner, je ne pouvais pas lire ou avoir une conversation avec des gens. J’étais incapable de me concentrer. Il reste encore des séquelles d’ailleurs, et cela durera encore des années. Il paraît que c’est normal quand on a eu une commotion cérébrale.
Lorsque nous sommes arrivés aux Championnats d’Europe [fin janvier], on se sentait prêts mais c’était un vrai saut dans l’inconnu. Nous n’avions présenté qu’une seule fois nos programmes en compétition lors des Championnats de France Elites.
Alors qu’un an auparavant, nous étions tellement sûrs de nous avec notre statut de challenger, cette année nous étions les têtes de série mais on était complètement dans l’incertitude. Nous avons fait les choses comme d’habitude, on s’est concentrés, mis dans notre bulle et on a fait ce qu’on savait faire… Et ça a payé ! On est fier de ça.

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Vous devenez les premiers danseurs à conserver vos titres européens et mondiaux, il y a une méthode française?
Une méthode je ne sais pas, mais un esprit français, oui, j’en suis sûre. Isabelle Delobel et Olivier Schoenfelder,  les Duchesnay, on a des styles très différents, mais on essaie tous de se démarquer. Et cela depuis qu’on est tout jeune.
Si vous mettez des petits patineurs américains et des petits français, cela se voit déjà. Chez les premiers, tous les programmes se ressemblent, alors que les Français vont chercher une chorégraphie, une musique originale. La Danse sur Glace Française a toujours eu cette culture du différent, de l’originalité. Depuis qu’on est petits, on ne cherche pas plus à imiter qu’à innover. Depuis toujours cela a été la force de tous les couples qui ont réussi à l’international.
Nous, nous essayons de voir toujours plus loin que ce qu’on a déjà vu quand nous réfléchissons aux programmes. Nous nous disons « qu’est-ce qui n’a jamais été encore fait ? ». Nous nous inspirons aussi de plein de domaines différents, mais tous hors patinage. Nous ne nous inspirons presque jamais de programmes ou portés ayant déjà été faits. Cela nous empêcherait d’innover. Malgré le fait qu’on ne soit qu’au début de notre carrière et assez jeunes, on est en train de laisser une empreinte dans le patinage, j’espère que cela se fera dans la durée.

Vous vous connaissez depuis plus de dix ans. Vous avez une très belle complicité, avez-vous des petits rituels avant les compétitions ?
C’est vrai qu’il y a des couples qui crient toute la journée ! Il y en a même qui se détestent. Nous on doit se disputer deux fois par an. Quand cela arrive, les coachs rigolent en nous disant : “Ah, vous êtes normaux !” !
Sans avoir quelque chose d’extrêmement personnel, nous avions certaines choses que nous aimons faire. Avant de monter sur glace, après les 5 minutes d’échauffement (si nous ne passons pas premiers du groupe), nous ne nous asseyons jamais, contrairement à beaucoup d’autres. Nous préférons marcher dans les couloirs, se tenir la main, fermer les yeux et visualiser le programme… (Gabriella) Je ne peux aussi m’empêcher de relacer mes patins, qu’il y en ait besoin ou pas (souvent pas).2017 est une saison spéciale et assez importante: on a envie de tout donner, mais aussi de ne pas tout montrer. Il faudra être assez stratégique dans les choix de programme pour pouvoir donner le meilleur pour les JO.
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Désormais, la course vers PeyongChang est lancée ! Ils s’entrainent sous le regard des Champions Olympiques 2010, les Canadiens Tessa Virtue et Scott Moir, qui, pour leur retour sur la glace après deux années de pause, seront leurs partenaires d’entraînement et peut-être leurs plus grands rivaux en compétition ; plus motivés qu’effrayés, Gabriella et Guillaume se lanceront dans la course pour décrocher le seul titre qui, à 20 et 21 ans, manque à leur palmarès!

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