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Interviews Interview Ludovic MATHIEU et Grégory DURAND

Interview Ludovic MATHIEU et Grégory DURAND

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Pouvez-vous vous présenter ?

interview-ludovic-mathieuLudovic Mathieu, 38 ans, je suis professeur de sport et conseiller technique sportif (CTS) au Ministère chargé des sports depuis 2007. J’ai travaillé à la Fédération puis à la Direction de la jeunesse et sport à Chalons en Champagne de 2007 à 2010. Ces dernières années je me suis mis en détachement de mon poste de CTS pour aller vivre une exp
érience au centre national Maurice Richard à Montréal. Je suis revenu à la Fédération au mois de mai de l’année dernière pour m’occuper de la coordination du centre national de Short Track à Font Romeu et pour entrainer les équipes de France féminines en Short Track.

Grégory Durand, 37 ans, moi je suis désormais employé par le Ministère chargé des sports sur un poste d’entraîneur national. J’ai passé 10 ans en équipe de France de Short Track, avant de mettre un terme à ma carrière en 2009. Je suis diplômé d’un BEES 1, d’un BEES 2, que j’ai complété avec un diplôme de préparation physique et de diététique sportive. Je suis responsable de l’équipe de France masculine junior et senior sur le centre national de Short Track à Font Romeu. Avant ça, les deux dernières années j’étais préparateur physique et préparateur matériel pour l’équipe nationale de Russie.

Vous revenez de l’étranger, avez-vous constaté des différences dans la manière de s’entrainer, l’ambiance… ?

Ludovic : Oui. Il y a des différences dans l’approche de l’entrainement. Après, personnellement je travaillais dans un pays Nord-Américain, c’est sans doute encore différent en termes de mentalité par rapport aux pays comme la Russie ou les nations asiatiques.

De l’expérience que j’ai pu vivre, l’approche de l’entrainement est complètement différente. Le projet de performance est vraiment porté par l’athlète, où l’entraineur fait partie d’une équipe pluridisciplinaire au même titre que le préparateur physique, le diététicien, le préparateur mental et à partir de là, toutes ces personnes sont autour de lui pour le faire évoluer. Ça demande énormément de communication entre les gens. Alors qu’en France ça sera plus l’entraineur qui va être au centre d’un dispositif et qui va amener les athlètes et les équipes à évoluer. Là-bas, c’est vraiment un projet individuel et c’est plutôt l’athlète qui va créer son staff avec le personnel présent dans la structure.

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Grégory : La différence avec la Russie c’est que longtemps avant les Jeux, ils ont sorti les gros moyens, cela fait un gros écart en termes de budget.
Les différences pour les athlètes sont liées au fait qu’ils peuvent passer très jeunes professionnels, dans une structure où tout est pris en charge : leur matériel, leur logement, leur nourriture et bien sur leur salaire. La seule chose à laquelle ils doivent penser c’est l’entrainenement pour performer !!! Ils sont dans une dynamique où le scolaire est vraiment secondaire, il y a de très jeunes athlètes qui sont déscolarisés, même si ce je pense que ce n’est pas forcément une bonne chose. En contrepartie, le pays fait énormément de choses pour eux dès qu’ils arrêtent le sport, ils vont être intégrer dans des structures, avoir des emplois réservés. C’est la plus grande différence avec la France. Après, en ce qui concerne les méthodes d’entrainement, c’est fondamentalement pareil.

Au niveau des clubs, comment faites-vous pour développer des liens avec eux ?

Grégory : L’avantage et le problème, c’est qu’il n’existe pas beaucoup de clubs de Short Track en France. Il n’y a que 12 clubs et si on regarde sur Font Romeu, beaucoup d’athlètes sont issus du Havre, d’Albertville, de Reims et de Fontenay sous-bois. Ludovic et moi-même sommes dans le patin depuis 30 ans, donc ce sont des gens qu’on connait déjà donc il y a déjà des liens de proximité établis.

Ludovic : On arrive à créer du lien par la communication que ce soit par mail ou physique. Par exemple, l’entraineur du Havre est venu à Font Romeu pour me présenter une jeune athlète qui était intéressée pour rentrer dans le centre. Nous avons des échanges réguliers avec les clubs en général car ils s’intéressent à l’évolution de leur patineurs et ils aiment savoir comment se passe la vie quotidienne pour eux à Font Romeu.
Nous avons également des retours sur les différentes compétitions qu’ils font avec leurs clubs notamment les « star class ». Ces compétitions étant encadrées par leurs entraineurs, il est important d’avoir des retours sur les résultats et les comportements en course. Inversement, on communique sur ce que les jeunes font à l’entrainement. Tout cela permet de créer un lien de proximité. Nous devons être unis et solidaire pour le Patinage de Vitesse Français.

Quels sont les objectifs pour la ou les saisons à venir ? Puisque nous rentrons dans le cycle des Jeux dans 3 ans, comment allez-vous aborder cela ?

Ludovic : Très bien ! (rires)

Grégory : L’objectif a été déterminé très clairement par le nouveau DTN, M. Thierry Soler, c’est un objectif de performance. En effet, cela fait 3 olympiades où nous ne remportons pas de médailles en Sports de Glace, donc Ludovic et moi-même sommes là pour répondre au mieux à ces objectifs. Pour ma part, j’arrive de Russie où il y a eu 5 médailles olympiques, Ludovic revient du Canada, on n’est pas là pour faire de la figuration. On n’a vraiment envie de performer et atteindre les objectifs fixés.

Ludovic : Si je peux compléter, je suis plus dans une sorte de dynamique progressive sur les 4 ans car j’ai eu cette particularité de vraiment pouvoir créer cette équipe de filles qui n’existait plus depuis quasiment 10 ans. Mon objectif pour cette première année a été de commencer à créer ce dispositif et de faire évoluer les athlètes pour les faire ensuite monter en puissance au fur et à mesure des saisons. Tout ça en leur fixant des objectifs ambitieux mais réalistes. Cette année, c’était de se qualifier en relais pour les Championnats du Monde. L’année prochaine on va fixer un objectif qui sera en progression et ainsi de suite pour créer des cibles toujours plus ambitieuses pour arriver l’année des Jeux en se disant : « l’objectif c’est jouer une médaille en finale des Jeux ».
A nous de rapidement concurrencer les meilleurs. Pour parvenir à cela, on va développer des stratégies, des ressources, des tactiques de courses, de la préparation à la très haute compétition qui va nous donner tous les outils nécessaires pour atteindre, cette opportunité de gagner une médaille olympique.

(Intervention de M. Thierry SOLER, DTN de la Fédération Française des Sports de Glace)

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